Retraites 2026 : hausse des pensions, voici ce qui va réellement changer

Retraites 2026 : hausse des pensions, voici ce qui va réellement changer

Oui, les retraites de base augmentent de 0,9 % au 1er janvier 2026, mais les pensions complémentaires Agirc-Arrco restent gelées jusqu’au 31 octobre. Le gain dépend donc de la part de votre pension versée par chaque régime, des prélèvements sociaux et de la date à laquelle votre caisse effectue le virement.

Pour mesurer ce qui change réellement, nous pouvons retenir le cas de Marc, ancien salarié qui perçoit une pension de base et une complémentaire. Sa première pension progresse, tandis que la seconde ne bouge pas : sa hausse globale est donc inférieure à 0,9 %. Voici les repères à garder en tête avant d’examiner les montants, les versements et les effets sur le revenu net.

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  • Pension de base : +0,9 % dans les principaux régimes concernés.
  • Invalidité : +0,8 % pour les pensions servies par les régimes mentionnés.
  • Agirc-Arrco : valeur de service du point maintenue à 1,4386 €.
  • Calendrier : la pension de janvier est versée en février, avec un virement autour du 9 février pour le régime général.

Retraites 2026 : quels taux de hausse des pensions selon votre régime ?

La revalorisation des pensions de base prend effet le 1er janvier 2026. Elle concerne notamment le régime général, la MSA, les pensions de la fonction publique et plusieurs régimes spéciaux alignés.

Le taux ne s’applique pas à toutes les prestations : les pensions d’invalidité suivent une hausse de 0,8 %, tandis que la complémentaire Agirc-Arrco reste stable pendant douze mois. Le tableau permet de distinguer le taux retenu de la date à laquelle il s’applique.

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Régime ou prestation Évolution Date d’effet ou période
Régime général (CNAV) et MSA salariés +0,9 % 1er janvier 2026
Fonction publique d’État et pensions militaires (SRE) +0,9 % 1er janvier 2026
Fonction publique territoriale et hospitalière (CNRACL) +0,9 % 1er janvier 2026
Régimes spéciaux concernés, dont SNCF, RATP, FSPOEIE et industries électriques et gazières +0,9 % 1er janvier 2026
Pensions d’invalidité servies par les régimes concernés +0,8 % 1er janvier 2026
Retraite complémentaire Agirc-Arrco 0 % Du 1er novembre 2025 au 31 octobre 2026
Plafond de la Sécurité sociale +2 % 1er janvier 2026
Seuils de CSG et de CRDS +1,8 % 1er janvier 2026

Pour une pension de base brute de 1 200 €, une hausse de 0,9 % représente 10,80 € bruts par mois. Le montant net peut évoluer différemment, car les prélèvements sociaux et la fiscalité sont calculés selon votre situation.

Pourquoi la hausse réelle de votre pension peut rester modeste

Le taux de 0,9 % concerne le montant brut de la pension de base, pas nécessairement l’ensemble de vos revenus de retraite. Si une partie importante de votre pension provient d’un régime complémentaire gelé, la progression totale est mécaniquement plus faible.

Prenons Marc, qui reçoit 900 € bruts de pension de base et 450 € de complémentaire. Les 900 € augmentent de 0,9 %, soit 8,10 € ; la complémentaire reste à 450 €. Son revenu brut mensuel passe donc de 1 350 € à 1 358,10 €, soit une progression globale d’environ 0,6 %, et non de 0,9 %.

La comparaison avec 2025 donne aussi une indication utile : la hausse était alors de 2,2 %. En 2026, la revalorisation est nettement plus faible, ce qui peut limiter son effet sur le pouvoir d’achat des retraités lorsque les dépenses courantes continuent d’augmenter.

Pour préparer votre budget, distinguez les montants bruts et nets, puis vérifiez séparément la part de base et les pensions complémentaires. Les dépenses de logement, souvent difficiles à réduire rapidement, méritent une attention particulière : notre guide sur le budget retraite et logement peut vous aider à établir des repères adaptés.

Agirc-Arrco en 2026 : pourquoi le point complémentaire reste gelé

Le gel de l’Agirc-Arrco découle d’un accord conclu à l’automne 2025 par les partenaires sociaux qui pilotent le régime. La valeur de service du point reste fixée à 1,4386 € jusqu’au 31 octobre 2026 ; la valeur d’achat demeure à 20,1877 €.

La valeur d’achat détermine combien coûte l’acquisition de points, tandis que la valeur de service sert à calculer le montant versé au retraité. En 2026, un point acquis coûte donc 20,1877 € et chaque point déjà détenu continue de produire une pension calculée sur une valeur de 1,4386 €.

Ce choix vise à préserver l’équilibre financier du régime, qui dépend notamment du nombre de cotisants et de la masse salariale. Pour une personne comme Marc, dont la complémentaire représente un tiers des revenus, la stagnation du point neutralise une part importante de la hausse obtenue sur la pension de base.

Une nouvelle revalorisation à l’automne 2026 reste une possibilité, mais aucune décision n’est arrêtée. Pour comprendre les règles de calcul et les échéances propres à ce régime, consultez notre page dédiée à la retraite Agirc-Arrco en 2026.

La complémentaire obéit à ses propres règles : il faut donc vérifier son relevé de points et son calendrier sans déduire son évolution de celle de la pension de base.

Date de versement des pensions revalorisées : quand le virement arrive-t-il ?

La revalorisation prend effet au 1er janvier, mais cela ne signifie pas que le nouveau montant apparaît sur le compte ce jour-là. Les pensions du régime général sont versées à terme échu : la pension due pour janvier arrive en février, autour du 9 février 2026 pour les ressortissants concernés.

Les autres caisses suivent leurs propres échéances. La fonction publique d’État verse généralement en fin de mois, la CNRACL applique son calendrier habituel et l’Agirc-Arrco effectue ses paiements en début de mois. Si vous relevez de plusieurs régimes, vous pouvez donc recevoir plusieurs virements à des dates différentes.

En cas de retard de calcul, la caisse peut effectuer une régularisation ultérieure. Le versement comprend alors le nouveau montant et, le cas échéant, le rappel correspondant aux périodes déjà écoulées. Pour contrôler l’opération, comparez le relevé de pension avec le montant crédité sur votre compte.

CSG, CRDS et impôts : pourquoi le montant net peut différer

Une hausse brute ne se transforme pas toujours en hausse nette du même montant. La CSG prélevée sur les pensions dépend du revenu fiscal de référence et son taux peut varier de 3,8 % à 8,3 % ; la CRDS est de 0,5 % et la CASA de 0,3 % dans les situations concernées.

Les seuils qui déterminent le taux de CSG et de CRDS augmentent d’environ 1,8 % en 2026. Ce relèvement peut limiter le risque de passer dans une tranche supérieure uniquement parce que les revenus ont progressé, mais votre situation dépend de l’ensemble des critères retenus et de votre foyer fiscal.

Les retraités les plus modestes peuvent être exonérés de CSG selon leur situation ; ils restent susceptibles de devoir la CRDS et, dans la plupart des cas indiqués, la CASA. Votre relevé de pension précise les retenues appliquées. L’attestation fiscale permet ensuite de rapprocher les montants déclarés de ceux qui ont été versés.

Les pensions restent par ailleurs des revenus imposables : la revalorisation peut influencer le revenu déclaré et le prélèvement à la source. Pour éviter une mauvaise surprise, vérifiez le montant net, le taux de prélèvement social et votre espace fiscal plutôt que de vous fier uniquement au taux d’augmentation annoncé.

Revalorisation des pensions : les règles légales et les arbitrages

Les pensions de base suivent en principe l’évolution des prix à la consommation hors tabac, mesurée sur une période de douze mois, avec une prise d’effet au 1er janvier. Ce mécanisme d’indexation vise à préserver le pouvoir d’achat, sans attendre qu’une loi budgétaire fixe chaque année un nouveau taux.

Le cadre légal n’empêche pas les débats politiques. Des coups de pouce ponctuels ont déjà été décidés, comme en juillet 2022, et les discussions budgétaires peuvent porter sur une modération ou un gel de certaines pensions. Les propositions évoquées par des instances de suivi restent des pistes tant qu’aucun texte ne les transforme en règle applicable.

La réforme des retraites agit sur un autre volet : elle modifie notamment l’âge légal et la durée d’assurance selon les générations. Pour les personnes nées en 1963, l’âge légal indiqué est de 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres requis ; pour celles nées en 1964, il est de 63 ans, avec 171 trimestres. Un départ anticipé pour carrière longue reste soumis à des conditions portant notamment sur le début d’activité et les trimestres cotisés.

Pour les générations concernées par le calendrier de relèvement, l’âge légal progresse par étapes jusqu’à 64 ans pour les personnes nées en 1968 ou après. Avant de choisir une date de départ, vérifiez votre relevé de carrière : quelques trimestres manquants peuvent modifier le montant ou les conditions d’ouverture des droits.

La hausse annuelle et les règles de départ répondent donc à deux questions différentes : l’une ajuste le montant versé, l’autre détermine quand et dans quelles conditions vous pouvez liquider vos droits.

Pension de réversion, invalidité et minimum vieillesse : des règles distinctes

La pension de réversion suit généralement l’évolution du régime dont elle provient. Une réversion du régime général bénéficie ainsi de la hausse de 0,9 %, tandis qu’une réversion complémentaire liée à l’Agirc-Arrco reste calculée avec un point dont la valeur est gelée.

Les pensions d’invalidité servies par les régimes concernés progressent de 0,8 %. L’allocation de solidarité aux personnes âgées, souvent appelée minimum vieillesse, dépend pour sa part d’un barème et d’un calendrier propres : il ne faut pas lui appliquer automatiquement le taux des pensions de vieillesse.

Les personnes retraitées qui vivent hors de France peuvent aussi bénéficier de la revalorisation selon les règles de leur régime. La fiscalité et les prélèvements sociaux dépendent alors notamment de la résidence fiscale et des conventions applicables.

Vérifier sa pension et anticiper l’évolution du pouvoir d’achat

Pour contrôler la hausse, commencez par consulter le relevé disponible auprès de vos caisses et sur le portail interrégimes. Comparez le montant brut de décembre avec celui de janvier : pour la part de base concernée, l’écart attendu correspond à 0,9 %, avant l’effet des prélèvements.

Examinez ensuite le montant net et les retenues sociales. Si le virement ne correspond pas à vos attentes, vérifiez la date d’effet, le régime payeur et l’existence d’un éventuel rappel avant de contacter la caisse. Une demande écrite déposée dans votre espace personnel, accompagnée du relevé concerné, facilite le suivi de votre dossier.

  • Relevé de carrière : repérez les périodes d’emploi ou les trimestres susceptibles de manquer.
  • Relevé de points : vérifiez les droits acquis auprès de l’Agirc-Arrco et la valeur de service utilisée.
  • Relevé de pension : contrôlez le brut, le net et les prélèvements sociaux.
  • Budget mensuel : comparez vos dépenses fixes, notamment le logement, avec le revenu réellement disponible.

Les hausses précédentes donnent un aperçu des variations récentes : +4 % en juillet 2022, +0,8 % en janvier 2023, +5,3 % en janvier 2024, +2,2 % en janvier 2025, puis +0,9 % en janvier 2026. Ces taux reflètent le rythme de l’inflation et les règles d’indexation, mais ne garantissent pas à eux seuls une évolution identique du budget de chaque foyer.

Les premières estimations pour janvier 2027 évoquent une hausse proche de 1,6 %, calculée à partir de l’inflation constatée ; aucun arbitrage définitif n’est arrêté. Pour préserver votre équilibre financier, mieux vaut bâtir vos prévisions à partir des sommes nettes réellement perçues et de dépenses prévisibles que compter sur une hausse future.

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